La Cuisine des Editions LEXEMPLAIRE

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L’échangeabilité 48

Par M. Filippi

L’existence innombrable est ce que nous pourrions penser de l’expérience de l’Amour. L’existence innombrable n’est en rien le déploiement de l’être selon des faces elles-mêmes innombrables.

Et dans cette existence innombrable, je ne sais à quoi correspond l’échangeabilité. Peut-être n’est-elle qu’une partie de l’expérience que l’Amour nous fait vivre.

L’Amour nous fait vivre une expérience. Est-ce cet Amour qui permet aux faces d’existences séparées de se trouver en présence ?

Si nous faisons l’hypothèse que des faces d’existences diverses peuvent être mises en présence, c’est que nous sommes certains qu’il n’existe pas une distance entre des existences, une distance qu’aucune face ne pourrait combler. Ou plutôt nous devons affirmer que cette distance, si elle existe, a une métrique que les faces peuvent décrire, représenter, paver.

La face n’est pas une sorte d’ectoplasme qui s’étire, s’étend au gré de vents inconnus. Elle n’est pas un nuage, une fumée qu’exhale un être, un objet, une chose parce qu’ils sont là. Nous avons affirmé que les faces d’une existence ont une position les unes par rapport aux autres formant ainsi la géométrie d’un existant.

Une face ne vient pas n’importe comment combler la distance qui la sépare d’une autre face et nous devons supposer que ce comblement n’est pas parfait. Il n’est possible en aucun lieu que la face corresponde à la distance. Puis elle est là au plus proche d’une autre face.

Proche, cela tombe sous le sens nous dira-t-on. Il faut bien être assez proche pour que l’échangeabilité permette l’échange. Mais proche, dès que l’on prononce ce terme, nous pensons avoir tout dit. Ne l’oublions pas lorsque nous parlons d’un proche c’est qu’il n’est pas un intime et encore moins notre amant, notre amante. Le proche est au voisinage, entretient une affinité ou une ressemblance avec son voisin.

Donc les faces sont au voisinage lorsqu’elles comblent la distance qui les sépare les unes des autres. Ah, j’oubliais, n’oublions pas, aucune face ne partage une même distance avec une autre face. Si c’était le cas nous serions dans le réciproque.

Chaque voisin, proche, ressemblant, affin, comble la distance à sa manière. Bien entendu. Mais pourquoi vers cette face plutôt qu’une autre ? Mais pourquoi voulez-vous que ce soit selon un ordre plutôt qu’un autre ? Observons le lierre, la vigne, toutes ces plantes grimpantes et voyageuses.

Elles profitent de l’air du temps, de l’environnement. L’Amour a besoin de l’air du temps, d’un environnement. Vous voyez, l’Amitié comme l’éternité sont simples. L’Amour, pour s’expliquer, exige beaucoup de mots, de termes, de descriptions, de précision.

L’Amour est précis comme une tête d’épingle.

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L’échangeabilité 47

Par M. Filippi

L’Amour n’a rien d’autre à proposer que ce qu’il est. Un instant. Nécessairement. S’il était plus qu’un instant, alors il serait pris dans l’Eternité. Un Amour éternel. Cela ne se peut pas. Il nous faut penser qu’existera autre chose après lui, une autre chose qui est déjà ce que l’existant vit.

Regardons le tableau. A l’instant où la chose, l’objet, l’être déploie son existence ainsi que l’Amour le permet, et qu’il refuse ce déploiement, cette existence comme Vérité, alors il expérimente ce qui apparaîtra comme une Vérité. Une Vérité que nous pouvons identifier comme « à venir » sans que nous puissions l’énoncer. Elle serait déjà là, obscène.

Si nous voulons l’énoncer, il nous faut trancher en nous d’une certaine manière, selon un plan particulier de l’existence. Le fameux plan d’immanence n’est pas à venir mais a déjà existé comme expérience. Il est un retranchement qui permet de penser.

Alors, si nous suivons Deleuze, les concepts qui vont peupler ce plan, sont ce qui va permettre la pensée de ce qui a déjà existé. Non ce qui pourrait être. Maintenant il nous faut vire avec cette connaissance.

Connaissance que ne possèdent pas les êtres, choses et objets pris dans l’Amitié.

En tant qu’être je dois user de ce don d’existence, ce don pour déployer ces neuf vies en moi, les faces, je dois décompter les anges qui se posent sur ma tête en sachant que cela est déjà venu hors mon expérience de cette venue.

Mon expérience alors ne pourrait pas être pensée comme je pense l’Amour à moins de souhaiter celui-ci comme éternel.

Or, si le terme est possible, ce qu’il représente a-t-il une quelconque consistance ? Souhaiter renvoie à une liberté de choix, d’évocation même de ce que pourrait être un choix.

L’Amour vient de cette expérience que nous avons définie comme libre-choix après que le vécu d’une autre existence se soit détaché de nous. Le libre-choix est l’expérience qui permet l’Amour comme vécu. L’Amour sera l’expérience qui permet quel vécu.

Si j’avais la réponse je ne serais plus dans cette expérience. Mais peut-être ne le suis-je plus assez pour penser cette expérience sous la forme des anges ?

Ce que je désigne comme anges n’est peut-être pas dans ce qui a déjà existé avec l’Amour mais ce qui peut exister de l’expérience de l’Amour ?

Ce qui est intéressant avec les Anges, est qu’ils ne sont pas suspendus séparés sur le chaos du monde comme le sont les peaux innombrables des innombrables Marsyas. Ils sont là.

Comme l’existence est là innombrable.

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L’échangeablité 46

Par M. Filippi

Pour le dire d’une autre façon, l’échangeablité implique que, comme les chats, nous ayons neuf vies. Au moins. Nous, les êtres, les choses, les objets, les entreprises. Autrement quel autre argument pourrions-nous avoir pour exiger de vivre. Et appeler cette vie notre existence ?

Avoir neuf vies n’est pas un dû. C’est un don. Comme est l’Eternité. Le don signifie que nous n’avons pas à rechercher qui, quoi, peut avoir neuf vies. Qui, quoi ne les auraient pas. Avoir neuf vies signifie que le monde n’est pas fini au moment de notre seule naissance, celle des choses, des objets et autres êtres. Cela signifie que le monde est à faire, qu’il n’est pas fait.

Signifie, signifier. Signification. Lorsqu’un Signal du monde interfère avec ce qui a déjà eu lieu qui apparaît alors comme explication de l’existence.

« Le monde pas fini », « le monde à faire », sont une Signification, le reste d’une existence que nous avons abandonnée. Abandonnée pour nous déplacer vers un ailleurs que nous ne connaissons pas actuellement, qui nous apparaîtra ensuite comme Signification alors même que nous serons ailleurs.

Ce Dieu dont nous parlions, ce Réel auquel nous nous référons sont eux aussi des Significations, les traces d’existence laissées là pour que la pensée puisse exister. Ne l’oublions pas elles sont les innombrables peaux de Marsyas suspendues aux sources innombrables des innombrables Méandres.

Nous devons agir parce que la Signification est la Vérité et nous devons refuser cette Vérité car elle n’est que la trace de l’existence qui a déjà eu lieu. Car nous ne pouvons pas agir en ayant connaissance de notre existence. Nous ne pouvons pas la penser à moins que nous soyons juste au bord de son retrait, là où le couteau d’Apollon passe, dans le grincement des dents du supplicié.

Pour le dire d’une autre façon, nous sommes ignorants de ce qu’ourdit notre cerveau. Mais nous avons appris à le connaître un peu plus tard. Lorsque je dis apprendre, c’est un terme à ne pas considérer comme plein, juste un balbutiement. Apparu lorsque nous avons rejeté l’éternité comme façon de vivre.

Pour le dire d’une autre façon, nous ne pouvons nous donner comme raisons pour agir que des existences passées. Donc se pose une question, celle de savoir comment refuser la Vérité du monde à faire, la Vérité des neuf vies. Refuser ne veut pas dire nier. Ce qui a existé existe. Refuser un don n’est pas le foutre à la gueule du donateur ou lui pisser dessus au prétexte que cela est trop tard.

Seulement ne pas admettre la Signification, quel que soit son énoncé, comme Vérité, le dévoilement du monde pas un soleil le surplombant car donateur.

Il nous faut sortir, évacuer, nous séparer de ce modèle d’un en-haut bienfaiteur, révélateur de l’image impressionnée mais aveugle.

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L’échangeabilité 45

Par M. Filippi

Lucifer ne souhaitait-il pas être cet autre radicalement étranger mais proche ? Cet autre nécessaire pour que Dieu se connaisse mieux qu’il ne se connaît. Plus que ce qu’il croit être.

Dieu n’est pas tout ce qu’il peut être. L’incomplétude de Dieu bien qu’il ait une existence. Il y a de quoi rendre fou les esprits étroits, ceux qui ne croient pas à l’existence innombrable des anges.

Mais Dieu connaîtrait la totalité de ses anges. Le Réel se connaîtrait dans sa totalité parce qu’il est partout le même, un point magnifié, apparemment divers. Là apparaissent les mélopées étranges du culte de Cthulhu.

Les humains constatent que leur Amour creuse le monde. L’Amour de Dieu vers eux n’est-il pas actif de même ? L’humain est bien à l’image de Dieu. Quels raisons aurions-nous de Lui refuser ce qu’il nous a donné ? Ce serait un orgueil terrible que de l’imaginer complet puisque cette complétude serait à notre mesure, à la mesure de notre existence. Il est vrai qu’affirmant ce Dieu éternel nous l’obligeons de notre amitié.

A son Amour nous lui répondons par l’Amitié. N’est-ce pas mesquin ? Nous le voulons pour nous, le refusons aux autres. Et nous faisons tout pour qu’il en soit ainsi.

Dieu a donc besoin de Lucifer pour ne pas être pris dans l’Amitié, la nôtre. Il ne peut parler que d’une voix sacrée, celle de ses amis, non la sienne propre. La voix de Lucifer se balbutie. Elle n’est presque pas audible par l’humain qui la connaît à peine, de manière onomatopée.

Mais elle est là au moins pour Dieu qui peut la percevoir sur l’une de ses faces comme un allergène auquel il répond. Notre question : quelle est cette réponse ? Une excommunication ? Dieu se priverait-il d’une partie du monde ? Allons donc, il ne pourrait revendiquer la plénitude de son règne. Il ne peut que lui répondre par l’étranger à Lucifer, Michel.

L’archange est autant une face de Dieu qu’une face de Lucifer. Il est leur horizon commun. Comme les Empereurs, romains ou byzantins, Dieu tient son pouvoir de la multitude et de celui qui en est l’exemple.

Prétention blasphématoire.

Non pas blasphématoire mais politique. A trop vouloir que là-haut ou en-dessous se comportent comme ici, on aboutit à cela. Seule la multitude, ce qui innombrable, est connaissance du Réel. Seuls les anges peuvent pourvoir à la connaissance du Réel et nécessairement le Réel a besoin d’eux pour exister par nos existences déployées en ses innombrables faces.

Cela est une conséquence théologique. La conséquence des prémisses à l’existence de Dieu. Ou du Réel.

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L’échangeabilité 44

Par M. Filippi

Il n’est pas question de lever ici l’enquivoque du monde en s’écriant joyeusement que là c’est de la thermodynamique, et là du Shannon et là du topologique. Nous reviendrions dans confusion. D’une manière vulgaire, nous en remettrions une louche !

La levée de l’enquivoque se fait ici par la philosophie et rien d’autre. N’oublions pas, elle se trouve là entre le Réel physique et le Réel de l’humain. Et n’a pas l’intention de quitter son territoire qui n’est pas toujours calme.

La philosophie st civilisatrice. Elle est donc concernée par les échanges.

Etre soi, maintenir l’autre comme étranger revient à glisser dans le monde, sur le monde, ne pas adhérer à lui, à sa révélation comme connaissances.

L’Amitié et l’Amour partagent alors une même propriété, celle ne pas adhérer à un environnement. Mais dans l’Amitié c’est l’éternité – ce qui est impliqué réciproquement par l’Amitié – qui n’adhère pas au monde, qui cherche à glisser en lui à une vitesse infinie devenant alors probablement une onde formatrice.

Dans l’Amour c’est chaque existence qui n’adhère pas à la révélation de l’autre comme connaissance. Cela veut dire que nous avons besoin de tous les êtres, de toutes les existences, de toutes les choses pour connaître le monde, le Réel et que personne, aucune chose ne peut espérer tenir en lui, en elle, le Réel pour ce qu’il est. Même pas le Réel. Il en serait de même dans l’Amitié mais l’éternité empêche la connaissance. Nous l’avons affirmé depuis longtemps.

L’Industrie a besoin de l’Amour pour une raison pratique. Elle a choisi l’existence en proposant à la fois l’obsolescence de ses produits et leurs diversités, leur diversification. C’est ainsi qu’elle a découvert une certaine épaisseur du Réel, un Réel qui n’est pas le même dans toutes ses directions. Mais en même temps, le fait d’avoir été rejetée dans l’éternité par la philosophie deleuzienne, la conduit en ses lieux à annuler toute connaissance du Réel. Ou plutôt à ne faire de ce Réel local qu’une succession de déformations sans lien avec le reste du Monde.

Mais en même temps, lorsque l’on exige de cette industrie d’être plus proche de ses clients, d’être en osmose avec eux, de répondre à leurs besoins réels, de ne plus rendre ses produits obsolètes, diversifiés sans raison apparente, alors ceux qui exige de telles manœuvres ne font que renforcer ce désir d’Amitié, cette façon d’être dans l’éternité qui détruit localement les connaissances du Réel.

Et comme l’éternité est un enfer ! L’enfer est une perspective intéressante qui permettrait de voir cet effort d’éternité comme un moyen, un outil, pour raccrocher au monde ce Lucifer expulsé en des temps anciens. Lui qui se mettait à l’égal de Dieu.

Nous retrouvons là la volonté des religions monothéistes, ou peut-être de ses formes chrétiennes et islamiques d’empêcher tout recouvrement du Réel par un autre Réel. Mais était-ce bien l’objectif de Lucifer que de recouvrir Dieu par sa seule présence ?

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L’échangeabilité 43

Par M. Filippi

On dit, on vit, l’allergie comme un refus de l’autre, un refus de l’autre en soi, de l’autre au contact de soi. Mais l’allergie est d’abord un signal, ce signal de qui n’est pas moi est là. Où, assez près. L’étranger devient proche.

D’une certaine manière, la communication entre deux synapses est une forme de l’allergie. L’allergie implique-t-elle l’allergène ? Disons que nos deux faces impliquent le « parce que c’est lui, parce que ce n’est pas moi ». L’Amour ne peut exister sans allergie, sans signal constant que l’autre n’est pas moi, qu’il m’est toujours étranger comme je lui suis toujours cette étrange chose passée au-dessus de sa ligne d’horizon.

Rien n’interdit que l’autre ne soit allergique à moi. Il sait alors que je suis complètement étranger à lui. Alors les faces restent en suspension, un horizon commun est construit. Chacun percevant son horizon. Un même horizon n’est pas le même horizon.

Mais lorsque l’autre ne me perçoit pas comme étranger ? Il avance en moi, il se fait moi alors que je me fais de plus en plus moi. Sans lui. L’autre ne m’implique pas puisque « être plus moi » est toujours mon existence. Et vouloir qu’il reste lui ne l’implique pas plus. Ce qui pourrait être de l’Amitié est alors baladé d’une face à l’autre. A une vitesse de plus en plus infinie ?

Une forme se forme-t-elle ? Nécessairement. C’est un objet, une chose, un être qui naît de la pression-expulsion de la rencontre de deux faces.

Si nous aimons les objets, les choses, les êtres qui n’ont jamais existé, alors nous devons préférer cet Amour entre étrangers suffisamment radicaux, devenu radicalement étrangers, donc de plus en plus existants en s’interpénétrant.

La face n’est pas un état figé. Elle est plutôt une sorte de revendication du genre ici c’est moi. Mais c’est un moi qui n’est pas identique là et là et encore là. Et là-bas aussi !

Nécessairement là et là si c’est moi ne sont pas pareils. L’existence déployée n’est pas recouvrir le monde du voile terne de l’indifférencié, bien au contraire. Le monde est d’abord indifférencié et la génération des faces est une génération de différences. Alors, nous n’allons pas profiter nous les choses, les objets, les êtres de notre rencontre sous des formes différenciées pour produire de l’indifférencié.

Nous réduirions alors nos connaissances sur le monde. Là tout est pareil. L’humanité est partout là même. Le Réel est partout le même.

Partout règne l’éternité et nous n’avons pas à nous orienter. Et pourtant, nous vivants, nous êtres, nous choses allons vers. Vers une autre bulle ? L’existence est le refus de l’indifférencié. Le Réel se refuse comme indifférencié.

Je vous parle d’entropie parait-il ? Mais de laquelle ? Celle de la thermodynamique, celle de Shannon, celle de la topologie. Peut-être bien d’un peu tout cela puisque nous décrivons le Réel dans son enquivoque.

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L’échangeabilité 42

Par M. Filippi

L’échange est-il le fait de l’Amitié ? Echanger, s’échanger quelque chose n’est-ce pas se transformer et transformer l’autre ? Dans tous les cas, sans exception échanger nous entrainerait dans le monde de l’Amitié, nous rendrait donc éternel.

Si le risque de l’échangeabilité est de devenir éternel, alors devons-nous tout faire pour ne jamais rien échanger tout en devenant échangeable ?

Notre cerveau oscille entre sa volonté de mort pour renaître et sa volonté d’éternité. Oscillation ressemble aux extrêmes d’un « bubble-brain ». Les physiciens nous parlent bien d’un Univers bulleux. Nous pouvons comprendre chacun de nos cerveaux comme une bulle, et nous devons comprendre que chaque cerveau peut devenir un ensemble bulleux sans que les bulles communiquent entre elles mais aussi un ensemble dans lequel certaines bulles peuvent se communiquer.

A leur tangente ou par un effet de glissement de surface en surface. La fameuse vitesse infinie de Deleuze. Les bulles communiqueraient à la limite. Il en est de même pour les faces de l’existence qui communiqueraient avec d’autres faces d’autres existences à la limite.

Comment faire ? Je ne sais. L’image des synapses peut nous aider. Elles sont proches mais ne se touchent pas. A leur surface, sur l’une de leur face des modifications chimiques font que des portes s’ouvrent d’un côté et que, de l’autre, de petites vésicules se forment, se détachent pour profiter de cette ouverture.

Ces vésicules se déplacent-elles une à une tirant la sonnette de manière précise jusqu’à ce que l’une des portes accepte de la laisser entrer ? Ou bien avons-nous plus comme une onde qui se propage et, à la fin, nous constatons que l’une ou l’autre des vésicules est bien passée par là ? Je ne sais.

Ces vésicules une fois passée la face, restent-elles closes dans leur enveloppe comme un voyageur temporel remontant le temps ou le lièvre de Mars dépassant la tortue qui supporte le Monde ? Je ne sais. Ou bien se diluent-elles plus loin dans l’existant, le modifiant bien sûr mais sans le définir ? Je ne sais.

Et si l’échange a lieu par la suite d’une vitesse infinie de survol. Une onde pensée à l’avance comme transformatrice, formatrice, générant la forme parce qu’elle doit être là, bien là car elle ne pourrait être ailleurs à moins qu’un accident, un incident vienne perturber ce qui devait être et sera ? Une physique formatrice des existences, même les plus insignifiantes, au plus intime d’elles-mêmes, à ce qui nous paraît le plus nécessaire pour elles, leur tube neural qui nous fait chordés.

Mais toutes les existences n’ont pas de tube neural. Méduse en son regard minéral n’en est-elle pas le modèle ? Et la physique, le Réel n’est-il pas son même père ?

Méduse pratique cet échange par les faces. Elle est urticante. Et la face qu’elle touche devient allergique. 

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L’échangeabilité 41

Par M. Filippi

Les Industries amoureuses ne sont pas dans le monde comme le sont les entreprises prises dans l’Amitié. Ces dernières tiennent ensemble à quelques unes mais ne sont reliées à rien d’autre. La perfection de leur amitié les conduit à glisser dans le monde, à n’adhérer à rien.

L’Amour fait que les Industries elles sont en contact avec le monde dont elles explorent l’infini déploiement localement par les faces de chacun et la multiplication des chacun par leur reconnaissance comme Autres.

L’épaisseur du monde ou son étendue plutôt ne serait connaissable que par notre existence et donc notre mode de relation aux choses, aux objets, aux êtres. L’étendue du monde est connaissable dès que nous refusons l’éternité ce qui veut dire que si nous nous figurons l’éternité comme un espace sans temps, un éternel maintenant, l’espace qu’elle est ressemble à l’apeiron, un état sans limite, sans orientation. Inconnaissable par la pratique. Inconnaissable par la sensation. Inconnaissable par conception.

C’est pour cela que l’Amitié est hors du Droit. Nous ne pouvons même pas constater ce qu’elle promet. Mais être hors du Droit ne signifie pas que l’Amitié est sans Loi qui sont les contraintes exercées sur les corps de façons variées mais qui toutes impliquent leur déformation. Leurs déformations.

Cette déformation, ces déformations sont un moyen certain pour l’observateur de reconnaître les relations promues par l’Amitié. Est-ce dire que l’observateur constate la présence de l’Amitié, des objets, choses et êtres pris dans l’Amitié et peut leur donner existence ? Nous avons cette possibilité quand bien même ces autres font tout pour ne pas être accrochés dans le monde, accrochés par le monde. Font tout pour n’être qu’un point, le support d’un seul ange.

Il est donc dans le pouvoir de chacun, de chaque être, chaque chose, chaque objet de ne porter qu’un ange ou laisser les ailes d’anges innombrables battre en nous et dévoiler le monde, le Réel comme faces étincelantes car différemment orientées.

Nous les êtres, les choses, les objets, les Industries, sommes l’occasion pour que le monde, le Réel, dévoilent ses faces. Pourvu que nous choisissions l’Amour et donc les relations non réciproques, l’occasion du Philosophe et de la Philosophie.

Nous connaissons ainsi ce Réel à la condition que nous ayons développé aussi nos faces. Il n’existe pas de position extérieure au Monde, au Réel. C’est lui-même selon une face particulière, une orientation particulière, ayant reconnu une existence qui va se connaître autrement qu’il est là. Localement.

Et lorsque les deux faces se reconnaissent, alors existe cette échangeabilité et l’échange se fera ici … ou là. La reconnaissance, le Droit donc est la condition nécessaire à l’échangeabilité. Elle ne peut impliquer l’échange car alors cet échange serait une relation d’amitié, une déformation. A moins que l’échange soit une forme de l’éternité.

Comment le savoir ?

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L’échangeabilité 40

Par M. Filippi

Dans l’Amitié les Industries ne peuvent que désirer mourir lorsqu’elles n’admettent plus en Droit l’existence de ce qui leur est étranger. Etranger qu’elles ne peuvent plus reconnaître.

C’est ce que l’on appelle devenir le leader de son secteur. Ou se centrer sur son cœur de métier. Selon que l’étranger est dehors ou dedans, topographiquement. Mais n’est-ce pas que l’étranger se trouve alors sous leur horizon ?

Il est sous leur horizon. Et de cet étranger dont je peux avoir peur pour mon existence, j’en ai aussi le besoin pour ne pas souhaiter mourir. Me souvenant que l’éternité n’est pas le seul état du monde que ma nature conçoit.

J’ai la mémoire d’entreprises générant, soutenant la création de leurs concurrents. Pour être stimulées ? Pour ne pas mourir. Certains Etats créent aussi leurs ennemis – étrangers radicaux. Nous avons besoin d’étrangers.

Nous savions que nous avions besoin de différences pour que l’énergie circule, pour que le monde se régénère. C’est même l’une des hypothèses nécessaires à notre projet de Stratégie expérimentale. Nous savons maintenant, par une autre façon de décrire le Monde, que nous avons besoin de l’Etranger pour ne pas mourir, ne pas sombrer dans l’éternité. Nous avons ce besoin car alors la Philosophie n’existerait pas.

Philosophie, Industrie, Stratégie vont ensemble à la condition de choisir un Réel dynamique, un monde qui meurt et se régénère, un monde infini contre un monde éternel. Le monde éternel peut être à la fois le même et différent du précédent car lorsqu’il disparaît il ne peut se souvenir qu’il a existé.

Et dans ce monde éternel n’existe pas la Philosophie, n’existe pas la Stratégie et je me demande bien comment nous pourrions nommer les activités de l’humain qui elles sont encore là ? Une Industrie ou une Fabrique ? A moins que l’on ne retienne ce terme grec de tekhnê ?  

Est-ce bien la peine de chercher de nouveaux mots, de nouveaux termes, alors qu’il suffit de localiser. Nous n’avons pas changé le terme de Philosophie pour décrire ce qu’elle est, là où elle se trouve et décrire là où elle ne se trouve pas. Nous n’avons pas changé son mot pour affirmer qui est Philosophe et qui ne l’est pas.

Alors nous n’avons pas besoin de changer nos mots pour dire ce qu’est l’Industrie et ce qui, des activités humaines, ne sont pas l’Industrie. Il s’agit là encore de localiser. Au mieux, au mieux.

Nous appellerons Industrie les entreprises qui pratiquent l’Amour plutôt que l’Amitié, qui aiment l’étranger pour ce qu’il est et vont même le créer lorsqu’il est absent. Nous appellerons Industrie les entreprises qui craignent disparaître sous les coups d’un étranger qui refuserait de reconnaître leur existence. Nous appellerons Industrie les entreprises qui tremblent de la disparition de ce qui ne serait pas elles. Et le reste ? Ce sont des activités humaines dans l’éternité.

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L’échangeabilité 39

Par M. Filippi

Le choix, ce qui permet de sortir de l’enquivoque, est celui qui permet à la philosophie d’exister de manière justifiée, de se fonder.

Il s’agit de sortir de l’éternité, des énoncés éternels, donc à chaque fois différents mais les mêmes, au profit d’énoncés mortels, d’énoncés que l’on peut tuer mais qui peuvent naître à nouveau. Renaître comme différents.

A la place de l’éternité, l’infini de l’existence. Nous affirmons que la philosophie va de pair avec l’échangeabilité, donc avec l’Amour, l’agapè. Et le Droit. Sans que l’un implique l’autre.

Mais c’est un choix. Et vous me direz que si choix il y a c’est que nous avons de bonnes raisons. Nous en avions déjà évoqué une, peut-être la seule. Exister plutôt qu’être suspendu dans l’éternité. Mais, vous insistez, comment peut-on désirer ce que l’on n’a pas expérimenté ? Pouvons-nous avoir expérimenté l’existence alors que nous sommes suspendus dans l’éternité ? Par habitude.

Nous avons supposé que le cerveau a pour habitude d’être dans l’éternité, l’Amitié bien qu’il soit capable d’éprouver l’Amour. Il en est capable car il se souvient. Il se souvient qu’il n’a pas toujours été le même, qu’il fut différent de ce qu’il est maintenant.

C’est un souvenir comme l’on dit d’un rêve. Un souvenir sans certitude. Car l’éternité s’étend dans toutes les directions. Sans obstacle. Mais reste ce souvenir comme une route qui aurait pu être prise, qui a été prise, de laquelle on est revenu.

Une route sur laquelle nous n’étions pas le même. Mais comment un tel souvenir peut-il encore exister dans l’éternité ? Nous savons que notre cerveau peut avoir oublié ce qu’il a vécu, son expérience passée. Nous savons que notre cerveau, en présence de cette expérience rapportée, peut la juger comme un événement tellement étranger à lui qu’il ne peut que la rejeter comme il rejetterait une partie de son corps.

Je ne te reconnais pas.

Le Droit un état cérébral. Non, justement, un effort sur lui-même si, au départ, c’est bien le cerveau qui reconnaît et ne reconnaît pas. Mais dès lors qu’il s’agit du Droit, dès lors qu’est énoncé le constat d’existence, l’intimité de la reconnaissance n’est plus justifiée. Ce dont je perçois l’existence, je le reconnais en Droit même si mon cerveau affirme que cela est étrange, étranger, ne se peut pas, ne devrait pas être, ne sera pas.

Mais que se passerait-il si mon cerveau ne peut plus admettre le Droit comme mode de reconnaissance ? Je serais alors prisonnier de l’éternité, cette amicale éternité ? Est-ce que j’aurais alors envie de mourir pour y échapper ?

N’est-ce pas ce que ressentent toutes ces industries, l’envie de mourir, alors qu’elles sont prises dans la relation d’amitié de leur Donneur d’ordre ? Elles ne sont plus capables de reconnaître en Droit l’existence de ce qui leur est étranger. 

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L’échangeabilité 38

Par M. Filippi

Le rire. Cette joie extraordinaire née du jeu. Une sorte de danse comme celle faite, dit la légende, par un fameux escrimeur des temps anciens, aveugle et immobile, mais toujours là face à l’épée de son adversaire. Avant même qu’il n’y soit. Sans qu’il sache qu’il y sera.

Légende ou réalité, c’est bien le rêve de tout stratège qui ne voit dans la bataille qu’un échec, dans l’agression qu’un mal entendu, un manque de civilité. Une forme de l’impolitesse et donc de l’inhumain. L’incapacité à vivre dans la société des Hommes.

De quels Hommes d’ailleurs ?

Ceux d’une civilisation qui préférerait l’Amour à l’Amitié. Or, si une telle civilisation peut exister, il faudrait que chacun puisse en vivre. Cette civilisation devrait fournir – ou permette d’obtenir – les ressources qui sont nécessaires à chacun pour vivre dont celles, nommées connaissances, qui permettent à chacun d’agir dans son monde, sur son monde pour au moins exercer cet Amour dont ces Hommes se revendiquent.

Cette fourniture se fait nécessairement dans et par l’échange.

Aouah ! T’s khmaq ou quoi ? Ou alors laouère ? C’est pas mieux, joéor ! Quoi, on est revenu au point de départ ? Ouais, mais on sait de quel point il s’agit. Ou plutôt nous connaissons un peu mieux maintenant celui que je préfère.

On évitera ainsi de s’enquivoquer. L’échangeabilité n’est possible que par la présence de faces. Plus nous, les choses, les êtres, les entreprises, les pays, augmentons le nombre de nos faces plus nous pouvons échanger avec un autre qui sera ainsi sur notre horizon. La face comme lieu et comme limite infrangible.

Nous, les choses, les êtres, les entreprises, les pays, pouvons retirer une face de notre existence. A notre volonté. Une face peut rester sans face à face mais cela ne retire rien à notre existence.

On pourra se dire, par commodité, que la face est comme un pli tel celui du cerveau. Plus l’organe est plissé plus il saisit des lieux différents du Réel et les plis peuvent communiquer de l’un à l’autre sans suivre exactement la voie de l’implication.

Le cerveau génère de l’implication réciproque parce qu’il est construit ainsi. Aussi. Il ne faut pas croire que l’Amour et l’Amitié n’ont aucune réalité en nous et dans le Réel. Ils sont présents. De Nature. Mais nous parts du Réel nous pouvons préférer telle nature plutôt qu’une autre. Ou appeler au développement d’une nature non éduquée en nous, dans les choses, les êtres, les entreprises, les pays.

Des parts du Réel sont claironnées dans notre localité. D’autres sont ignorées bien qu’agissantes. Et leurs bénéfices, ou maléfices, attribués aux parts adorées. A moins que par un sursaut, nous refusions cet attribut pour trembler de peur en face d’un Réel qui se manifeste dans sa Toute-puissance.

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L’échangeabilité 37

Par M. Filippi

Dans son expression la plus simple, non celle des lois, mais celle du contrat. Celle qui permet à différentes existences de constater une existence sans rien se devoir l’une l’autre.

« Je suis là » précise au même instant que mon énoncé se fait là où se trouve mon monde. L’existence que je reconnais est donc présente là où je puis la percevoir. Et je peux la percevoir tant qu’elle n’est pas sous mon horizon, quelle que soit la manière dont j’ai pu déterminer cet horizon, quelle que soit dans la manière grâce à laquelle je perçois.

Ce qui est sous mon horizon, quel qu’il soit, quel que soit l’outil que j’utilise pour percevoir, je ne peux en constater l’existence. Je ne peux donc le reconnaître.  Je peux donc supposer que, déployant mes faces, je change mon horizon, je me dote d’outils pour percevoir ce que je ne pouvais percevoir.

Mais rien n’interdit que déployant mes faces je restreigne mon horizon. Je peux le restreindre dans un sens et l’élargir dans un autre. Je n’ai aucune garantie quant au résultat. Je peux reconnaître ce dont je ne pouvais percevoir l’existence et ne plus reconnaître ce dont je percevais l’existence. Je peux aussi accumuler dans ma reconnaissance à ce que je reconnaissais déjà de nouvelles reconnaissances. Tout est possible.

Je jouis de la plus grande liberté. Semble-t-il comme toi dont je reconnais l’existence et toi dont je peux supposer l’existence et que je ne reconnais pas pouvez en jouir. Le Droit sera le même pour tous. Il ne nous coûtera rien et nous n’aurons pas à chicaner pour l’appliquer.

Il se peut que les problèmes comme on dit dans les romans policiers naissent au moment où en présence de mon Amour tu veuilles m’imposer ton amitié. Dans le Droit me diras-tu puisqu’il s’agira d’un traité d’amitié.

Un traité d’amitié découle non du Droit mais de la Lois. Il coûte. Les lois sont coûteuses. Elles sont faites pour l’éternité.

Donc en dehors de ces traités, dois-je craindre pour mon existence si l’autre que je perçois ne reconnaît pas mon existence ? Oui, bien sûr, l’expérience le prouve. Et on dit de l’autre qu’il est comme un éléphant dans un magasin de porcelaines. Où on le traite de conquérant dominateur, massacreur. Bien que tuer ne soit pas autre chose que de l’amitié. Poussée le plus loin possible.

Il conviendrait que je reste alors sous ton horizon toi dont je reconnais l’existence si je dois craindre que tu m’imposes ton amitié. Plutôt donc que limiter l’existence de l’Autre, si j’ai peur de lui alors je dois faire en mon sorte que mon Amour lui soit invisible.

Ce faire nécessité l’acquisition de nombreuses connaissances géométriques car il s’agit de contenir une existence sans que jamais celle-ci ne me contienne quelles que soient les directions selon lesquelles elle déploie ses faces, sans que ce faire contraigne le déploiement de mes faces car alors nous serons en relation d’amitié.

C’est amusant, cela prête au rire, n’est-ce pas ? 

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L’échangeabilité 36

Par M. Filippi

L’amour parce que j’ai peur de toi. Je déploie alors mes faces pour que tu ne mettes pas en jeu mon existence. Pour que tu ne m’offres pas ton amitié.

Je refuse que tu m’éduques et je refuse de t’éduquer. Pour que tu sois certain que je n’en veux pas à ton existence. Je refuse d’échanger avec toi pour te déterminer. Je refuse que tu échanges avec moi et que tu me détermines. Je ne veux pas de ton éternité et tu ne veux pas de mon éternité.

Nous irons chacun accomplir notre existence. Mais le Droit, le Droit en quoi est-il une nécessité ? Pour que je puisse dire que tu existes, ne l’oublies pas. Pour que tu puisses dire que j’existe. Je ne l’oublie pas.

Vous voyez, la connaissance en droit est reconnaissance. La connaissance par l’amitié est expérience. Si je n’ai pas l’expérience de toi je ne te connais pas. C’est beaucoup trop demander à l’existant. Beaucoup trop car je te demande un effort. Je demande que tu détournes une partie de tes ressources pour moi. Je te demande d’engager des ressources pour moi.

Mais lorsque je te reconnais, je ne te demande rien. Et tu ne me demandes rien, aucune de mes ressources que je vais consacrer à mon existence. Le Droit ne coûte rien, ne peut rien coûter, ne doit rien coûter. Le Droit est un don infini, une ressource inépuisable de toute chose, de tout objet, de tout être.

Cependant, nous n’arrivons pas bien à définir ce Droit, comment émerge le constat autrement que comme double déclaration d’existence. Je suis là et je perçois ton existence.

C’est même applicable à Dieu. Alors qu’appliquer l’amitié à Dieu, ça se nomme achat d’indulgences. Au moment où je profère cette évidence pour moi que je suis là, je mets cette évidence au défit de se manifester car enfin qu’est-ce qui est là ? Mon constat m’impose d’enquêter sur ce qui est là.

Une enquête poppérienne. Cela est-ce moi et ça encore et ça peut-être ou n’est-ce pas à moi, moi, le reliquat d’une amitié ? Plus précis, plus pragmatique ce fameux qui suis-je suspendu dans les airs comme la peau arrachée finement à quel que satyre orgueilleux. Une enquête poppérienne puisque pour savoir ce qui est moi je dois annoncer que quelque part dans le monde existe ce qui n’est pas moi. Je dois cesser de contenir le Réel dans mon Monde Premier, dans mon Premier monde.

Et c’est là que je te trouve comme ce qui n’est pas moi. Et si, par hasard tu fais la même action au même instant et que tu me trouves, alors nous nous connaissons chacun et reconnaissons l’autre parce qu’il n’est pas moi. Il ne contribue pas à mon existence.

Beaucoup plus qu’une enquête pragmatique, beaucoup plus que de faire comme Dewey, Popper est un juriste. Il réaffirme comme les Grecs la nécessité du Droit pour faire science. 

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L’échangeabilité 35

Par M. Filippi

Reconnaître l’existence de l’Autre n’est pas une action aussi désintéressée que l’on pourrait le croire. Le Droit n’est pas désintéressé. L’existant doit exister. Il ne peut que déployer ses faces. Il ne pourrait pas exiger d’être reconnu dans existence s’il lui suffisait d’être juste une chose, un objet. Le Droit ne peut rien pour qui, quoi, n’a pas de dimension.

Mais n’existe-t-il pas une sorte de contradiction entre conférer des dimensions par le constat de l’existence et la nécessité pour l’existant de déployer ses faces afin que son existence soit reconnue ?

Contradiction car alors nous aurions une relation de réciprocité impliquant chacun, les définissant réciproquement. Vous me direz une telle neutralité n’est pas possible ! Le physicien, nous le savons, ne peut observer au niveau quantique sans interférer avec son objet d’observation, sans l’obliger à être ceci plutôt que cela.

Je vous l’accorde mais nous devons tout faire pour que l’implication réciproque ne puisse fonctionner, ne puisse limiter l’existence, ne puisse pervertir le Droit.

Sous-puissance. Empruntée à François Laruelle.

Devons-nous prendre le Droit, ce constat d’existence comme un germe d’existence. Ou bien l’existence est-elle le germe du Droit ? Vous me direz que cela ressemble à cette question de savoir qui de la poule ou de l’œuf …

Il existe donc une histoire de l’existence. Et une histoire du Droit. Le Droit et l’existence sont peut-être deux états différenciés d’une sorte de sauvagerie. Ou bien une rencontre improbable ?

C’est vrai quoi, ils sont là en présence l’un de l’autre. Ils tentent de se montrer dans une relation d’implication non-réciproque, l’œuf implique la poule et la poule implique un autre œuf qui implique une autre poule.

Mais ce dispositif cache peut-être un hasard dont chacun tente de justifier l’action. Cela évite de parler de Dieu, d’un dieu. Par hasard nous nous sommes rencontrés et nous nous en trouvons bien.

Je pourrais affirmer que le constat d’existence est une nécessité pour n’importe quel existant même aussi étroit qu’un point. Il lui faut bien vivre. Et pour vivre il doit se protéger de ce qui l’empêcherait de vivre.

Oui, oui, mais c’est là un argument chétif. Vous voyez-vous dire je t’aime parce que j’ai peur que tu me tues ?

Argument chétif ne veut pas dire argument inutile, peu fiable ou faux. Chétif parce qu’il est dominé par l’argument de l’accueil à l’autre par bonté, par un mouvement dit positif de son cœur, la reconnaissance de l’autre comme un moi-même. Juste la peur d’être empêcher de vivre, n’est-ce pas ce pour quoi même la cellule la plus simple lutte ?

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L’échangeabilité 34

Par M. Filippi

Observer et mesurer, c’est-à-dire accorder des dimensions à ce qui par nature n’en a aucune. L’existence n’a aucune dimension tant qu’elle est en attente. Octroyer des dimensions est-ce définir, accorder de quelconques qualités à une chose ?

Non, il s’agit de pouvoir saisir sans rien apporter, sans rien retrancher à ce qui est saisi. Il se peut que le saisi et le saisissant ne puissent plus se délier. Il se peut que l’un entre dans l’autre. Mais il s’agira toujours d’un lien entre faces, une interpénétration des faces non d’une détermination réciproque.

Saisir en accordant des dimensions c’est dire qu’il existe dans cette face qui me fait face une part de compréhensible. Sans que cette compréhension définisse l’autre face ni la face de mon existence que je présente. Par hasard une rencontre se fait. Une sorte de miracle.

Et je comprends sans que j’exige de l’autre la moindre compréhension. A lui, s’il le souhaite de m’accorder des dimensions pour m’observer, me saisir. L’autre face est libre. Sans aucun doute.

C’est bien pour cette raison que nous pouvons dire que le Droit est présent dans l’Amour. Je constate la présence d’une de tes faces. Je constate la présence d’une de tes faces. Je constate la présence d’une de tes faces … C’est ainsi que les Anges font leur annonce. Et pour chaque existence ils sont innombrables.

Donc octroyer une ou des dimensions à la face d’une chose, d’un être – une des faces – revient à reconnaître cette face sans déterminer la chose, l’être. La chose, l’être, me restent inconnus. Nous pourrions dire qu’il s’agit d’une volonté alors qu’il ne s’agit que de manifester le Droit.

Mais pourquoi le manifester là ? Je le manifeste bien en constatant mon existence. Je suis là et je peux déployer mes faces. Ne puis-je as étendre ce Droit vers l’horizon vide qui m’entoure ?

Veux-tu conquérir, t’emparer de ce que tu appelleras sauvagerie ? Je ne veux que faire valoir le Droit et reconnaît à tout existant la possibilité de faire de même. Tu affirmes alors l’universalité du Droit ? Je l’affirme car il est toujours sous la forme de « Je reconnais ton existence ». Libre à tout être, toute chose d’agir selon le Droit ou non. Puisque la réciprocité n’a pas lieu d’exister.

Ce n’est pas de l’Amitié.

Nous pouvons poser alors toute relation entre Etats selon ces deux dimensions de l’Amour et de l’Amitié. Cette dernière implique le changement de l’un par l’autre. Et une production orientée. La fluidité des relations. Une façon d’être de moins en moins contraint par l’adhérence à l’environnement.

Une relation d’Amour implique la liberté pour chaque Etat de développer les faces de leur existence.